En réaction à la parution d’une étude de la CIBC qui présente certaines conclusions plutôt inquiétantes quant à la règlementation sur l’efficacité énergétique. Il est à mon avis bien clair que l’auteur fait un peu de sophisme bien que dans certains cas très spécifiques, il peut effectivement y avoir des effets de rebondissement mais rien qui puisse réellement mener à de telles conclusions. Il est judicieux de mettre en valeur la croissance folle de la consommation énergétique qui est telle qu’elle vient annihiler, et de loin, les résultats des programmes et règlementation en efficacité énergétique mais de là à affirmer que ces actions sont inutiles…
En fait, il n’y a rien de secret dans ce qui a été révélé dans cette étude. Tous les initiés connaissent cette réalité. Il l’a donc simplement démontré de nouveau, sans grande “découverte”. Mais il oublie de mentionner que l’économie générée par la réduction des coûts en énergie est un élément fort négligeable dans le choix d’avoir un ou deux SUV à la porte ou 1 ou 4 unités d’air conditionnée ou encore une maison 2 fois plus grande. Les concepteurs des programmes de maîtrise de l’énergie s’acharne à limiter l’effet rebond par des actions réfléchies et calculées. Parfois, il est certain qu’ils font appel au “gros bon sens” des citoyens consommateurs et que l’effet “éducation” rapporte davantage que les pertes encourues. Mais chose certaine, il est très difficile de croire que la règlementation en efficacité énergétique vient exacerber la consommation de biens à ce point.
Il m’appert évident que, sans cette règlementation, l’utilisation de l’énergie que l’on connaît aujourd’hui serait nettement plus importante car le niveau actuel de consommation de biens serait très sensiblement le même et ce, d’appareils ou équipements bien plus énergivores encore.
Je vous laisse prendre connaissance de l’article. N’hésitez pas à cliquer et à lire les documents…
“Les règlements sur l’efficacité énergétique ont peu d’incidence sur les économies d’énergie, la protection de l’environnement ou la réduction de la dépendance envers le pétrole étranger, selon un nouveau rapport de marchés mondiaux CIBC.”
Le paradoxe de l’efficacité énergétique: Les Américains engloutissent
les économies qu’ils réalisent dans des produits énergivores toujours
plus nombreux et plus gros.
Également, bien candidement, je me permets un commentaire: une chance que des mesures d’efficacité énergétique ont été mises en place. Qu’est-ce que ce serait sans cela aujourd’hui ! Et…est-ce que ça ne vient pas confirmer que la seule manière de réduire la consommation totale d’énergie n’est pas d’augmenter son prix ? De taxer les énergivores ? De rendre hommage au concept de pollueur-payeur ? Donc de toucher directement le porte-monnaie des gens ?
Ça rejoint un peu une réflexion que j’ai eu sur la consommation “homéostasique”, soit la recherche d’un équilibre permanent entre un effort de consommation constant -et proportionnel au revenu (et/ou à l’influence politique ou militaire)- dans une lutte pour l’atteinte d’un niveau de confort optimal, le plus complet et total possible. Et ce, dans une perspective à très court terme, sachant que plusieurs Québécois ne se sont même pas attardé à planifier leur retraite et connaissant le fait qu’elle n’est même pas assurée financièrement. Le confort d’aujourd’hui est sans doute plus important que celui de demain…
Un gros effort doit s’opérer au sein de notre société afin de définir le mot “confort”…Sans cela, jamais nous pourrons définir le mot “développement” dans l’expression “développement durable”.
Si l’on aborde le problème de l’autre côté, il faudra s’attarder à l’autre mot. Le mot “durable”. Mais là, c’est une tout autre question. “Durable” se rattache davantage à la nature des biens consommés. Donc à un domaine que nous connaissons très bien: la consommation! Que consommons-nous ? Ça, c’est un terrain bien connu…en fait, c’est ce que nous croyons.
Pour l’instant, j’ai bien l’impression que nous nous attardons davantage à ce mot: durable. Pouvons-nous être durables ? Pouvons-nous assurer un même niveau de consommation mais avec des biens qualifiés de “verts”, de “bio”, issus de l’écoconception, etc.
La réponse m’apparaît claire et sans équivoque mais il faut aller au fond des choses, non ? Lorsqu’il sera évident et confirmé par des “faits” que nous ne pouvons pas l’être, à ce moment là, nous nous attaquerons à la question sous l’angle qui fait déjà mal à plusieurs: qu’est-ce que le confort ? Avons-nous besoin de tant de confort pour vivre heureux ?
Si au moins nous pouvions faire une analyse du potentiel technico-économique de quelques approches “granoles” ou l’analyse du coût d’opportunité sur cette gestion à long terme. On s’attarderait finalement là où il y a le moins de risques, le plus de chances d’obtenir des gains à long terme. Dès lors, la question de “développement” humain reviendrait sur la table…
Et on se rendrait compte que les problèmes d’environnement sont majoritairement des problèmes de riches consommateurs. Peu importe la nature des biens consommés, verts ou non.



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