Terre en vue !

Kayak de mer, océans, fleuves & rivières, écologie, éthique et toutes autres trouvailles relatives à mes passions

Un GROS problème dont on ne parle plus…

Les PLUIES ACIDES continuent toujours à acidifier nos lacs et rivières ainsi que nos terres et ce, sans relâche.

Le problème s’est même accentué depuis la signature de l’Accord bilatéral sur la qualité de l’air, en 1991. Les pluies sont passée d’un pH situé entre 4,05 et 4,2 à 3 à 4. De 10 fois plus acide que l’eau non polluée à 100 fois plus acide.

Les dommages qui s’en suivent actuellement sont jugés comme “atroces” selon le père des recherches sur ces pluies: Gene Likens.

Bientôt, le Québec pourra exporter un produit bien naturel en concurrence au vinaigre !  Une fraîche pluie printanière du Mont Sutton…

Pour plus d’information voir ce lien ou celui-ci.

Après l’algue bleu, voici venir la didymo au Québec !

Alors que nous étions en voyage en Nouvelle-Zélande, nous avons été frappés par la beauté des rivières sur l’île du Sud. Des eaux limpides, froides et d’un bleu azur digne de la trilogie du Seigneur des Anneaux. D’une pureté et d’une féérie totalement magique, nous avons été totalement séduits.

Tout en voyageant, nous sommes arrêtés à Pupu Spring, une source d’eau des plus pures au monde. C’est magnifique et remplie de spiritualité chez les autochtones de la place. Vraiment touchant et tout ce que je pensais, c’était d’aller y faire une plongée apnée avec un appareil photo. Les couleurs étaient encore une fois magiques…

Une seule ombre sur ce tableau d’idylle, une algue venue d’ailleurs. Une algue envahissante. Une algue qui prend toute la place et couvre la moindre roche de sa texture repoussante et de sa couleur verte pomme.

Algue DidymoCette algue, la didymo, envahit actuellement pratiquement tous les cours d’eau de l’île du Sud. Elle est transportée par les pêcheurs et tous les amateurs de sports nautiques d’un cours d’eau à l’autre et se multiplie très rapidement. Les oiseaux et poissons y sont aussi pour quelque chose.

Pour vous faire une histoire courte, si vous passez en Nouvelle-Zélande dans 5 ans, il est possible que vous ne soyez pas aussi enchanté de visiter TOUS les lieux qui nous font encore rêver aujourd’hui, qui nous ont transportés au pays des Hobbits et qui nous ont donné toutes les envies de nous transformer en truites libres… ;)

Le gouvernement néo-zélandais réagit très proactivement en créant de GRANDES campagnes de sensibilisation pour limiter les dégâts. Partout où nous sommes passés, nous avons eu des indications sur cette algue et nous avons été encouragés à prendre des mesures pour éviter sa propagation. De plus, des pancartes sont disposées PARTOUT près des mises à l’eau ou dans les sentiers longeant les rivières pour nous sensibiliser à cette cause.

La N-Z perd actuellement des millions de dollars en terme de jouissance du territoire à travers la pêche et le tourisme de tout genre puisque cette algue génère un grand dégoût chez les Hommes.

Si je vous écris tout cela, c’est que cette algue est apparue au Québec. La rivière Matapédia et quelques autres en Gaspésie sont actuellement touchées. Est-ce que nous en avons entendu parlé ? Est-ce que vous avez été invité à faire attention et à laver vos bottes et équipements nautiques à l’entrée de tout nouveau plan d’eau ? Est-ce nous, Québécois, faisons cela automatiquement ? Non.

Ainsi, je me demande si le MDDEP est bien conscient de la menace que représente cette algue qui envahit également plusieurs rivières de la Colombie-Britannique. Il s’est d’ailleurs avoué être impuissant face à cette envahisseure. Je comprends que notre climat n’est pas semblable à celui de la N-Z mais il est démontré que cette algue a survécu à l’hiver de chez nous.

Pour moi, c’est suffisant pour lancer une solide campagne de sensibilisation contre cette algue qui risque de tout changer la donne récréotouristique en Nouvelle-Zélande et possiblement au Québec. Mais le MDDEP conserve cette information “secrète“.

Personnellement, je porterai un grand soin à laver mes équipements avant de changer de plan d’eau afin d’éviter d’être un vecteur de propagation de cette envahisseure. La Fédération québécoise de canot et de kayak devrait être un peu plus proactive bien qu’elle ait déjà lancé un message à ses membres. Aussi, les pourvoyeurs et les pêcheurs s’inquiètent déjà de cette situation…Il faut que l’on prenne l’on réagisse selon le principe de précaution, ce que le MDDEP ne fait pas.

Prenez le temps de consulter ce document du MDDEP. Ça aidera certainement à protéger nos rivières et lacs québécois…

Protection des requins…la suite

Requins des Galapagos

Voici une suite bien décevante à mon article sur le documentaire SharkWater.

Suite à la lecture d’un article de Cyberpresse.ca, je me suis rendu compte à quel point le politique devenait impuissant devant les pressions à saveur économique (et mafieuses?).

Ce documentaire parlait justement des requins de ce coin du monde, les Gapalagos, qui sont en grand danger. L’Équateur avait justement demandé à SeaShepperd, un groupe de soutien à la protection des espèces marines bien organisé, de l’aider à protéger ces requins avant de les extrader quelques jours plus tard, et sans scrupule, suite à des pressions réalisées par des pêcheurs chaudement soutenus par un groupe mafieux riche de la vente des ailerons de requins en Asie.

Sea Shepperd

Aujourd’hui, l’Équateur a autorisé, par décret présidentiel (rien de moins !) la commercialisation des ailerons à la suite de prises accidentelles (tellement facile à démontrer ça, non ?). Comme si c’était possible de prouver le type de capture une fois rendu au port…

L’Équateur croit que ce décret éliminera une partie du marché noir et aidera à contrôler les pêches de l’archipel. Il faut préciser que tous les types de pêche près des Îles Galapagos sont interdits…

L’économique et l’opportunisme humain rendent le contrôle de la pêche aux requins bien difficile et les gouvernement ne peuvent rien contre cela. Encore une fois, seuls les consommateurs ont la capacité de contrôler le marché car ils créent la demande. Sans demande, pas de valeur. Sans valeur, pas d’exploitation.

Quand l’Asie cessera de croire à ces mythes de puissance transmise à manger ces ailerons de requins ?

Épanouissement humain et développement durable

Il est toujours intéressant de considérer que le développement durable est accessible, là, à porter de quelques générations. Loin de moi l’idée d’être très pessimiste face à cette perspective mais j’aimerais bien mettre un bémol sur ce concept de croissance économique sans fin sans modifier l’Homme en lui-même.

L’économie est la science qui étudie le concept de l’échange et de la valeur. Si l’on prend pour acquis que nous n’échangeons que les biens nécessaires à notre survie (bouffe, logement, vêtements) le reste qui est échangé demeure du luxe. Plus il y a des échanges, plus nous pouvons penser au luxe. Et le luxe appelle au confort et à l’épanouissement de l’Homme dans une société occidentale telle que la nôtre.

La capacité de régénérescence des ressources naturelles étant déjà largement dépassée au niveau planétaire par notre niveau de consommation humaine, j’aimerais simplement discuter avec vous de ce concept d’épanouissement chez l’Homme.

Je crois que c’est ce concept même qu’il faut travailler à l’heure actuelle et en priorité. Les désirs que nous chérissons sont souvent ceux de nos voisins proches et lointains, ce qui entraîne une certaine appartenance à un mouvement de masse qui vient masquer cette surconsommation de biens qui écorche la Nature et notre environnement de manière peu reluisante et ce, par ce mouvement bien “naturel” d’une consommation “comme chez le voisin”.

Ne pensons qu’à nos forêts surexploitées et nos océans surpêchés. Plusieurs grandes études démontrent cet état de profondes traces laissées par l’Homme dans ces deux milieux de vie si importants pour la biodiversité. C’est documenté. Par exemple, le Rapport Coulombe, même après ce constat clair et ces recommandations publiques, les 3 années qui ont déjà passées n’ont rien apporté concrètement à la protection du milieux forestier car nous voulons protéger les emplois…d’aujourd’hui. 3 ans, très peu sinon rien en terme de résultats.

Est-ce que nous consommons moins de papier ? Est-ce que nous avons cessé de déguster ces merveilleux poissons frais que nous voulons “sauvages” ? Est-ce que nous voyageons davantage à vélo ou est-ce que le transport en commun est davantage subventionné afin d’offrir le niveau de service recherché ? Non. On ne veut pas changer nos habitudes de consommation, ni payer plus pour un bien/service car ça nous en laisse moins pour se payer d’autres petits “luxes”.

Le réel problème se situe là. À l’échelle de l’individu, la consommation semble correcte mais à l’échelle national et international, là, on se rend compte de l’ampleur du problème.

Enfin, tout cela pour dire que j’espère que nous ne trouverons pas des solutions technologiques pour assurer le maintient de notre niveau de consommation de biens mais que nous réviserons, ensemble, ce concept d’épanouissement de l’Homme.

Il y a des sourires partout sur la planète et des rires fusent sur tous les continents. Le bonheur règne à plusieurs endroits…même dans les contrées moins ancrées dans le matérialisme. Et si c’était eux qui venaient nous aider à mieux comprendre le bonheur ? L’épanouissement ?

Je tente de cesser de supporter ce concept, ce paradigme du bonheur à l’Américaine pour me bercer un peu plus dans la simplicité toute simple.

J’espère que le travail d’éco-conseiller inclut cette perspective d’éthique et de moral afin qu’il ne vise pas qu’à éteindre des feux.

=====

En réponse à l’article “L’entrevue – Claude Villeneuve: donner au développement durable les moyens de ses ambitions” d’Éric Dérosiers, LeDevoir, 20 août 2007.

Consommation homéostasique

Dépotoire

Il y a quelques semaines, je lisais dans le magazine Wave Length un article sur le “risk homeostasis“. C’est-à-dire l’équilibre entre toute une suite de facteurs et d’éléments devenus conscients et contrôlés chez l’Homme et le niveau de risque qu’il est prêt à accepter dans une situation donnée.

Par exemple, une étude sur des chauffeurs de taxi a démontré que le niveau d’accidents est demeuré stable et ce, même après avoir introduit plusieurs véhicules munis de freins ABS. La résultante de l’étude démontre que les chauffeurs bénéficiant de cette nouvelle technologie se permettaient de rouler aussi vite, sinon plus, mais surtout freinaient plus tard sachant que les freins seraient plus efficaces.

L’auteur de l’article de kayak de mer nous expliquait aussi qu’il a un bon ami qui est un excellent pagayeur mais qui prend des risques élevés lors de ses balades en kayak de mer, tout près des côtes (rock gardening). Il expliquait que plus le kayak était manœuvrable et seaworthy, plus ce pagayeur poussait son audace et sa tolérance aux risques frôlant souvent la catastrophe aux yeux de plusieurs. Au lieu d’augmenter son niveau de sécurité, il amplifiait sa relation avec le risque croyant pouvoir s’appuyer sur ses capacités et la “technologie” pour se tirer d’affaire.

Cette propension d’équilibre face à l’acceptation d’un niveau de risque et les activités “toujours plus” des Hommes m’a fait réfléchir. Je me suis questionné sur les parallèles à faire entre cette théorie et notre niveau de consommation.

Plus nous avons accès à des éléments de richesse, plus nous dépensons au lieu d’épargner davantage et de maintenir un mêmeTriangle de la surconsommation ? rythme de vie, même si le bonheur était au rendez-vous. Généralement, c’est ce qui se produit. C’est notre côté opportuniste qui se manifeste. Pouvons-nous croire qu’il existe aussi, intrinsèquement en l’homme, une relation homéostasique entre le niveau de confort désiré et la richesse accessible ?

En fait, non, “confort” ne rime pas avec “risque”…mais…à bien y repenser, oui, il y a bien un lien…Oui, il y a un lien ! La surconsommation est en train de nous étouffer !

Je ne voudrais pas faire trop de sophisme mais le parallèle me semble intéressant. L’Homme en veut toujours plus. Prenons par exemple la technologie. Plusieurs, sinon la plupart, des désastres environnementaux découlent du développement et de l’utilisation de technologies (vieilles et nouvelles). Au lieu de ralentir ce développement technique, nous l’accélérons afin de trouver des solutions technologiques pour régler des problèmes eux-mêmes causés par des dites solutions à des erreurs technologiques qui ont mené à d’autres désastres qui sont la résultante de…Bon, vous comprenez que c’est un cercle viscieux qui est perpétué par une fuite en avant terrible et irresponsable.

Cet homéostasie entre le niveau de risque et le niveau de confort est continuellement en jeu, en évolution. La tolérance au risque s’accroit en relation avec l’acquisition de “connaissances” (qui donne confiance) mais surtout avec la perspective de gain net qui découlerait de l’activité.

C’est là que la question revient. Ma grande question. Est-ce que l’Homme est fondamentalement bon ou mauvais ? Plusieurs théories s’édifient selon une ou l’autre de ses perspectives. Selon moi, l’Homme n’est ni bon ni mauvais. Il est fondamentalement opportuniste, tout simplement. Pafois bon, parfois mauvais.

Ce côté opportuniste est naturel et intrinsèque à la Nature. La voie la plus facile est utilisée pour atteindre un but choisi. C’est tout. Tout se joue entre le niveau de risque et le gain net final.

Dans le sport, c’est la manifestation intrinsèque de ce comportement bien naturel de la tolérance du risque. Ce que ce pagayeur téméraire gagne, c’est la reconnaissance de ses pairs, un bon coup d’adrénaline, une limite repoussée, une meilleure connaissance de lui-même, l’exploration d’un nouveau territoire, etc. Tout n’est qu’opportunité et gain.

Alors, à nous de déterminer ce que nous voulons vraiment atteindre par ce développement durable que nous entendons sur toutes les lèvres…

Qu’en pensez-vous ?

« Articles récents · Entrées plus vielles »